L’ex-patron de la Forpronu (force de protection des Nations unies) en Bosnie, proche de François Bayrou, est réservé sur ce retour et plaide pour une défense européenne.
Le chef de l’Etat a annoncé le retour de la France au sein du commandement intégré de l’Otan. Qu’en pensez-vous ?
Philippe Morillon. Cela me gêne, je suis très réservé.
L’Europe peut-elle se passer des Américains ?
Elle doit reprendre le flambeau, c’est le sens de l’histoire. Demain, l’une des actions importantes qui attend l’Europe sera d’intervenir au Proche-Orient, pour garantir la paix entre Israéliens et Palestiniens quand un accord sera signé. Nous sommes très attendus là-bas, cette mission ne peut pas incomber aux Américains.
L’indépendance militaire de la France est-elle réellement menacée ?
Non. L’Alliance fonctionne par consensus. On ne peut pas entraîner un pays à s’engager dans un conflit contre son gré. Le problème n’est pas là. Le problème est de trop dépendre d’un allié dont les intérêts stratégiques sont en train d’évoluer vers le Pacifique : avec les Etats-Unis nos objectifs ne sont pas toujours les mêmes.



